Congrès national de Biarritz 3,4 et 5 juin 2017
Discours d’accueil du président du CDPE64

Du 3 au 5 juin, le congrès national annuel de la FCPE s’est tenu à Biarritz. Le président départemental de la FCPE a accueilli les congressistes et les personnalités présentes à la cérémonie d’ouverture

Article mis en ligne le 9 juin 2017
dernière modification le 20 juillet 2018

par CDPE64
logo imprimer

M. le ministre, Messieurs les présidents du Conseil régional et départemental, Chère Liliana ainsi que vous tous, invités, délégués et personnel de la fédération et de certains CDPE...

Après plusieurs essais infructueux, notre proposition de faire le congrès à Biarritz a été retenue. Comme nous nous y sommes engagés, l’océan est là, mais la météo, c’est la fédé qui devait s’en charger avec la mairie de Biarritz. Blague à part, vous vivez une expérience en temps réel et chez vous, vous pourrez dire que vous savez pourquoi le Pays Basque est vert. Mais il est aussi vert parce qu’entre deux pluies, il fait beau et chaud et que tout pousse !

Bienvenue donc, à Biarritz et dans les Pyrénées-Atlantiques ! Et puis aujourd’hui, on ne va pas me faire taire à 3 minutes !

Alors, où est-ce que vous mettez les pieds ? Ce département est né à la révolution, de la fusion de trois diocèses aux histoires bien différentes : celui de Lescar, antique cité romaine des de ce qui allait devenir les Béarnais, d’Oloron, pour la montagne et de Bayonne pour le Pays-Basque. Et le président départemental que je suis peut témoigner que cette répartition est toujours vivante ! Est-ce qu’elle est pertinente, c’est une autre question ! Pourtant, l’étymologie est formelle, basque et gascon sont bien des évolutions du même mot.

Quand César (Jules) est arrivé en Gaule, il a écrit qu’il y avait trois peuples sur ce qu’il a ainsi nommé. Au nord, les Belges, au centre, les Gaulois proprement dit et au sud d’autres, que les historiens modernes nomment les Aquitains, en gros, sur la rive gauche de la Garonne. Ceux qui habitaient le plus à l’est ont adopté le latin, devenu ensuite le gascon (ou l’aragonais sur le versant sud des Pyrénées) et ceux qui habitaient le plus en montagne et à l’ouest ont gardé leur langue initiale, devenu ensuite le basque.

De cette division linguistique est née une séparation politique et tous ces gens ont été progressivement incorporés aux royaumes de France et d’Espagne. Le dernier acte de rattachement ayant été le rattachement du Béarn à la couronne de France, en 1613, trois ans après l’assassinat d’Henri III de Navarre, aussi appelé Henri IV de France par un catholique fanatique.

Aujourd’hui où en est-on ? On pourrait appeler ce département Bas-à-Gauche-de-France, mais ce serait un peu réducteur. Ça traduirait pourtant une situation géographique excentrée que vous avez expérimentée pour arriver jusqu’ici ! Grossièrement, le département s’organise autour de deux pôles urbains et une zone de montagne. La zone urbaine de Pau, celle de la côte, de Bayonne à la frontière, même si on pourrait l’étendre jusqu’à San Sebastian (Donostia). Deux pôles urbains plutot dynamiques, où se développe l’industrie aéronautique (Safran à Oloron et près de Pau), l’agro alimentaire, l’industrie chimique et pétrolière, issue d’une longue histoire démarrée dans les années 1930 et qui se poursuit aujourd’hui encore par l’exploitation de gaz à Lacq, et du pétrole du Vic-Bilh, dont vous gouterez d’autres spécialités pendant ce congrès. Ce n’est pas le Texas ni l’Arabie Saoudite, ni même la Seine-et-Marne, mais ça existe.

Et puis, en Béarn comme au Pays Basque, nous avons la montagne, avec ses vaches, ses moutons, ses vautours, ses ours, ses paysages grandioses et son célèbre député.
Pour résumer :
pour les gourmands, quand vous achetez du chocolat Lindt, il est fort probable qu’il ne vienne pas de Suisse mais d’Oloron-Sainte-Marie ! C »est l’écho lointain des réfugiés juifs chassés d’Espagne (certains diraient des migrants aujoud’hui) qui ont importé le chocolat à Bayonne.
Pour ceux qui ont pris l’avion (Airbus comme Boeing), il est fort probable que son train d’atterrissage a lui aussi été fabriqué à Oloron
Le moteur des hélicoptères qui passent au dessus de nos têtes, a lui, probablement été fabriqué près de Pau

Voilà donc un département divers, marqué par des différences linguistiques et culturelles, des villes et de la campagne, des pêcheurs et des bergers, une histoire religieuse mouvementée. La tradition ouvrière y cotoie la tradition paysanne et les catholique voisinent avec les protestants. Comme ailleurs bien entendu, d’autres sont arrivés, en particuliers de nombreux réfugiés espagnols de la guerre civile. Un département divers donc et pour quelqu’un comme moi qui y est arrivé adulte, pour des raisons professionnelles, pas évident à décoder au début ! Et pourtant, il faut bien y faire tourner un CDPE unique, comme prescrit par les statuts fédéraux. Croyez moi, c’est un souci de chaque instant que de garder l’unité de la structure.

Dans ce département, nous avons donc un CDPE, je crois que vous le savez ! Il est le reflet des territoires. Nous sommes mieux implanté en Béarn qu’en Pays Basque, où la prégnance de l’enseignement privé confessionnel, abreuvé d’argent public, n’a rien à envier à certains territoires de l’ouest de la France. Nous avons encore plus de 6000 adhérents, puisque notre région fait de la résistance à la gratuité des livres. Longtemps, nous avons bénéficié de transports scolaires gratuits, mais à la veille de transférer la compétence à la Région, notre département a fait marche arrière vers une contribution des familles. Comme ailleurs, notre implantation est correcte dans les collèges et lycées généraux mais insuffisante dans les écoles et lycées professionnels. Les combats à mener ne manquent donc pas, davantage de coordination nationale nous aiderait bien car ces combats, je crois que nous sommes nombreux à devoir nous y livrer.

Donc, quand nous avons choisi notre slogan de congrès : « Ensemble, riches de nos différences », ce n’était pas vide de sens et il y a bien deux lectures à en faire. Une lecture locale, que, je crois, je viens d’expliquer et, bien entendu, une lecture fédérale.

Comme dans ce département, au sein de la FCPE, nous partageons une histoire commune, des différences et ces différences font notre richesse. Pour cela, comme dans notre département, ces différences doivent être autorisées, reconnues et respectées pour que la communauté de destin soit librement consentie. Comme dans ce département, la volonté d’une partie d’en dominer une autre conduirait à l’affaiblissement de tous. Comme dans ce département, la volonté d’unité est donc indispensable mais elle exclut de ne vouloir voir qu’une seule tête.

C’est pourquoi au-delà d’être un slogan, « Ensemble, riches de nos différences » est, pour nous un art de vivre. Un art de vivre que nous déclinons aussi dans la fédération !!!

Bienvenue encore dans les Pyrénées-Atlantiques et bon congrès à tous de la part du CDPE64.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.40