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Colères et inquiétudes en fin d’année

lundi 8 décembre 2008, par Dominique Rousset


En cette fin d’année, les parents sont en colère face à l’accumulation de mauvaises décisions pour l’école publique. On ne va pas revenir, pour le moment, sur les dizaines de milliers de postes d’enseignants déjà supprimés. Les classes surchargées, les cours de langue où chacun ne peut s’exprimer que quelques secondes, les options disparues nous le rappellent déjà tous les jours. On ne va pas revenir non plus, maintenant, sur les programmes rétrogrades de l’école élémentaire. Chacun sait l’intérêt fondamental d’étudier la porcelaine de Sèvres et celle de Limoges à l’école élémentaire... Il faudra pourtant inverser ce mouvement !

Pour cette rentrée, ce qui fait gronder les parents, c’est la suppression de 72 heures d’école pour tous les élèves que la magie de la propagande essaie de nous faire prendre pour une aide aux élèves en difficulté. Ce qui fait gronder les parents, c’est la suppression programmée des RASED. Il faut bien trouver les postes pour nourrir la RGPP ! Qu’importe si on les prend à ceux qui en ont le plus besoin ? Qu’est-ce que ça va coûter électoralement ? De toutes façons si ces sauvageons nous embêtent, on les mettra en prison à 12 ans ! Et que dire de la réduction programmée des écoles maternelles, de leur remplacement progressif par ces inacceptables « jardins d’éveil » ?

Si les parents sont en colère pour l’école primaire, les parents sont inquiets au sujet de cette prétendue réforme du lycée. Dès le début, en écartant les représentants des parents des discussions, on pouvait se douter que Darcos mijotait un sale coup. Maintenant il est là. Après avoir obtenu la signature d’un document définissant le cadre général de la réforme par la grande majorité des organisations syndicales il leur montre le peu de cas qu’il fait de leur signature. Les bribes de réforme annoncées, un peu de ce que sera la seconde, vont trop loin pour les uns et pas assez pour les autres. Qu’on ne s’inquiète pas, si on le laisse faire, la réforme ira là où Darcos voudra qu’elle aille. Moins de dépense publique (moins d’enseignants) encore plus de sélectivité, encore plus de différences entres les établissements et les élèves, sinon à quoi sert de démanteler la carte scolaire ? L’économie, la sélectivité, c’est aussi le sens de la généralisation du bac pro en 3 ans et de la destruction simultanée des BEP.

C’est la direction opposée à celle que doit prendre la réforme du lycée. Il faudrait garantir des conditions d’étude efficaces par les effectifs des groupes, par les rythmes annuels et hebdomadaires, il faudrait permettre l’accès de tous à un tronc commun de culture générale et à haut niveau d’enseignement de spécialité, il faudrait garantir la gratuité des activités pédagogiques, y compris les activités facultatives. Il faudrait rénover les pratiques pédagogiques et mieux former les enseignants. Avec la mastérisation de la formation et la destruction des IUFM, c’est le contraire qui va se passer.

Jusqu’où les laisserons nous aller ?

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