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Résultats des élections 2013 des représentants des parents d’élèves

Les résultats des élections aux conseils d’école et aux conseils d’administration des collèges et lycées permettent de mesurer chaque année de manière précise l’implantation et la représentativité des associations de parents d’élèves dans le département.

Cette année encore, la FCPE64 confirme, de loin, sa place de première association de parents d’élèves de l’enseignement public du département, contrairement aux allégations mensongères diffusées dans ses documents de rentrée par Béarn Parents d’élèves.


Écoles

Total des réponses reçues : 540 écoles sur 543 soit 99,44 %

Nombre d’écoles 540
Nombre d’électeurs inscrits 71 779
Nombre de votants 36 310
Nombre de bulletins blancs ou nuls 3 779
Nombre de suffrages exprimés 32 531
Nombre de sièges à pourvoir 2 094
Nombre de sièges pourvus 1 991
Listes Suffrages Sièges pourvus par l’élection
Nombre  % Nombre  %
FCPE 3151 9,69% 203 10,20%
PEEP 0 0,00% 0 0,00%
UNAAPE 50 0,15% 4 0,20%
Associations locales de parents d’élèves non affiliées 6598 20,28% 420 21,09%
Listes présentées par des parents d’élèves qui ne se sont pas constitués en association 20673 63,55% 1221 61,33%
Listes d’union 2059 6,33% 143 7,18%
TOTAL 32 531 100% 1991 100%

Si la FCPE est dans le premier degré la seule association représentative des parents d’élèves, c’est avec environ 10% des voix et des sièges. C’est totalement insuffisant. Le gros des sièges et des voix est emporté par les parents non constitués en association, malheureusement. Ils vont devoir siéger en conseil d’école isolés, sans formation et sans soutien.

Pour la FCPE64, il s’agit maintenant de s’adresser à ces parents d’élèves, qui, bien souvent nous rejoignent quand leurs enfants entrent au collège, afin qu’ils perçoivent eux aussi la nécessité de s’affilier à une fédération, seule à même de les accompagner dans leur mandat. Représenter les parents à l’école maternelle, à l’école élémentaire ne se limite pas à organiser la fête de l’école, ou à collecter des fonds pour pallier les insuffisances de financement public de l"école. Pour qui veut exercer pleinement son mandat, les questions sont multiples, complexes et demandent de ne pas céder à la défense du seul intérêt local.

On ne doit pas se réjouir de la disparition totale de la PEEP dans le premier degré.


Collèges

Listes Suffrages Sièges
Nombre  % Nombre  %
FCPE 8099 66,89% 193 63,28%
PEEP 710 5,86% 12 3,93%
UNAAPE 204 1,68% 5 1,64%
Associations locales de parents d’élèves non affiliées 2124 17,54% 55 18,03%
Listes présentées par des parents d’élèves qui ne se sont pas constitués en association 971 8,02% 40 13,11%
TOTAL 12108 100,00% 305 100,00%

La FCPE64 remporte environ 2/3 des voix et des sièges dans les collèges du département, ce qui en fait, et cette fois ci, sans ambiguïté, l’association la plus représentative des parents de collégiens du département.

Dans le détail, des candidats ont été présentés par le FCPE dans 37 des 48 collèges du département. Ils ne sont minoritaires que que dans 2 établissements sur 37.

Ils seront donc près de 200 élus (et autant de suppléants) à pouvoir défendre les valeurs qui rassemblent les adhérents FCPE.


Lycées d’enseignement général et/ou technoloqique

Listes Suffrages Sièges
Nombre  % Nombre  %
FCPE 3539 65,67% 52 65,00%
PEEP 957 17,76% 14 17,50%
Associations locales de parents d’élèves non affiliées 893 16,57% 14 17,50%
TOTAL 5389 100% 80 100%

Sur les 16 lycées généraux, polyvalents ou technologiques du département, la FCPE64 a été présente aux élections dans 14 d’entre eux. Elle n’est minoritaire que dans un seul, avec deux sièges. Nous obtenons, en conséquence, environ 2/3 des sièges, comme dans les collèges. Titulaires et suppléants, ce sont donc une centaine d’élus qui défendront les valeurs de la FCPE.


Lycées professionnels

Listes Suffrages Sièges
Nombre  % Nombre  %
FCPE 203 23,36% 8 14,81%
PEEP 90 10,36% 5 9,26%
Associations locales de parents d’élèves non affiliées 173 19,91% 10 18,52%
Listes présentées par des parents d’élèves qui ne se sont pas constitués en association 403 46,38% 31 57,41%
TOTAL 869 100,00% 54 100,00%

Sur les 15 lycées professionnels du département, la FCPE n’a pu présenter de liste que dans 2 d’entre eux. La PEEP a été présente dans un seul établissement et comme dans les écoles, ce sont les listes de parents non constitués en association qui viennent en tête. Comme dans les écoles, ce sont des parents isolés, non formés qui se retrouvent à siéger en conseil d’administration. Cette situation n’est pas satisfaisante. Les raisons en sont multiples et la FCPE et il faut que nous fassions tout notre possible pour redresser cette situation.

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Réforme Peillon des rythmes scolaires

Quelques éléments de contexte

  • Avant la réforme de 1969 qui a supprimé l’école le samedi après-midi, la semaine d’école était de 30 heures, soit 1080 heures annuelles.
  • Entre 1969 et 1989, la durée hebdomadaire d’école des enfants est descendue à 27 heures, soit 975 heures annuelles. En 1972, la coupure du mercredi a remplacé celle du jeudi, sans incidence sur les temps scolaires hebdomadaire et annuel.
  • En 1989, une heure hebdomadaire a été retirée aux enfants et convertie en temps de concertation pour les enseignants.
  • En 2008, deux heures hebdomadaires ont été retirées à la plupart des élèves et converties en aide personnalisée facultative, ramenant le temps scolaire proprement dit à 864 heures annuelles réparties sur seulement 144 jours.
  • L’actuelle réforme de Vincent Peillon maintient le temps scolaire obligatoire à 26 heures hebdomadaires, soit 864 heures annuelles. L’aide personnalisée est réduite de moitié et transformée en de nébuleuses « activités pédagogiques complémentaires » en « groupes restreints » et hors-temps scolaire obligatoire.

Malgré des programmes qui, depuis plus de 40 ans, se sont fortement diversifiés, le temps scolaire a ainsi perdu 216 heures annuelles. Au total, ce sont 1080 heures qui ont été perdues sur l’ensemble de l’école élémentaire, et 1664 heures sur l’ensemble du premier degré, soit l’équivalent de deux années actuelles qui manquent. Ni l’âge d’entrée en 6e ni la durée de la scolarisation obligatoire n’ont été modifiés pour tenir compte de la réduction du temps total d’école primaire.

Le 20 février 2013, le quotidien le Monde, pouvait à juste titre publier une tribune d’Antoine Prost, historien de l’éducation, intitulée : « Le niveau scolaire baisse, cette fois-ci c’est vrai ! » Les dernières études internationales PISA, qui mesurent les acquis à 15 ans sont accablantes et l’auteur affirmait «  …Tous les indicateurs sont au rouge. Dans les fameuses enquêtes PISA, la France est passée entre 2000 et 2009, pour la compréhension de l’écrit, du 10e rang sur 27 pays au 17e rang sur 33. La proportion d’élèves qui ne maîtrisent pas cette compétence a augmenté d’un tiers, passant de 15,2 %, à 19,7 %. En mathématiques, nous reculons également et nous sommes dans la moyenne maintenant, alors que nous faisions partie du peloton de tête…. »

Pour remédier à cette grave crise que traverse l’école française, il n’y a pas d’autre solution que de donner aux élèves plus d’école et une école plus efficace.

Dans presque tout notre département, la semaine de 4 jours a été mise en place « à titre expérimental » il y a près de 20 ans. Jusqu’en 2008, afin de respecter le total annuel, certaines petites vacances étaient raccourcies et la rentrée de septembre était avancée. Durant toutes ces années, la FCPE64 a demandé, sans jamais l’obtenir, l’évaluation de cette semaine de 4 jours, dénonçant les semaines trop hachées et les petites vacances réduites.

D’autres propositions que la réforme Peillon

Le décret du 24 janvier 2013, qui met en place la « réforme des rythmes scolaires », vise à étaler le temps scolaire obligatoire sur davantage de journées, en réduisant légèrement le temps scolaire des 4 jours pleins.

En s’attaquant, même modestement, à la question du nombre de jours d’école et en réduisant la journée d’école, cette réforme va dans le bon sens. Elle va dans le sens d’une école qui utilise mieux le temps : plus de temps scolaire matinal, celui qui est le plus efficace pour les apprentissages.

Mais cette démarche semble finalement ne viser qu’à optimiser les maigres moyens dont l’école dispose tout en tentant de faire entrer les municipalités dans des activités périscolaires ambitieuses, relevant du cadre pédagogique. On est loin d’une véritable refondation qui nécessiterait de reprendre les problèmes à la base au lieu de se contenter d’aménagements limités. C’est, de plus, porteur de graves dangers pour le caractère national de l’éducation quand on sait que dans notre département, le budget par élève consacré par les communes varie dans une proportion de 1 à 10.

Une réforme véritable doit s’appuyer sur les éléments suivants :

  1. Le temps de présence de l’enfant dans l’école est conditionné aussi par les contraintes familiales et sociales, comme les horaires de travail des parents ou les transports scolaires. En conséquence, la réduction du temps scolaire ne peut s’accompagner automatiquement d’une réduction équivalente du temps de présence de l’enfant à l’école. La question importante n’est donc pas le temps scolaire, mais son contenu. L’ensemble des temps éducatifs et pédagogiques doit être coordonné et géré par un acteur unique qui ne peut-être que l’Éducation nationale. Cela ne peut se faire dans le cadre actuel du service des enseignants. Il faut sortir de l’ornière qui calque le temps d’enseignement des personnels sur celui des élèves. Ce doit être le but du dispositif « plus de maîtres que de classes ».
  2. Le temps annuel d’enseignement doit augmenter. Il ne doit pas se limiter aux apprentissages fondamentaux et le maître doit aussi assurer les enseignements culturels, artistiques et sportifs. En augmentant ce temps, les maîtres l’utiliseront au mieux pour adapter les activités en fonction des capacités de concentration des élèves. Un réforme des temps scolaires doit aussi prendre en compte la question du calendrier annuel et des programmes scolaires. Aucune réforme ne peut être cohérente si elle s’intéresse aux horaires sans s’intéresser aux contenus.
  3. Les municipalités ne doivent avoir à gérer qu’un accueil périscolaire répondant à des besoins sociaux, mais en aucun cas intervenir sur des contenus qui auraient dû être exploités scolairement. Cette substitution priverait les élèves de la transversalité qui est nécessaire pour donner du sens aux apprentissages et, en fonction du budget que les communes consacrent à ces activités, augmenterait les inégalités entre les élèves.

Or la réforme Peillon est loin de cela. Ce n’est pas la grande réforme annoncée, elle ne mérite pas non plus le vacarme médiatique orchestré par tous les opportunistes.

Elle ne restitue pas les heures volées aux élèves en 2008 et on reste bien loin de l’horaire d’avant 1969, sans prendre de mesure correctrice sur l’ensemble de la scolarité obligatoire. L’optimisation des horaires ne va pas suffire pour assurer la réussite des élèves.

Les municipalités entrent, avec des moyens inégaux et parfois à reculons, sur le terrain d’un périscolaire qui voudrait, en fait, être du scolaire sans en dire le nom. Les intervenants, trop peu nombreux, sans perspective sérieuse de professionnalisation, vont être sollicités partout en même temps, pour des durées faibles, ce qui ne peut fonctionner. Il existe portant des personnes qui possèdent les compétences pour s’occuper des élèves : ce sont les enseignants.

La mise en place de la réforme dans 35 communes du département en 2013 a vu la plupart des écoles adopter des horaires qui minimisent la pause méridienne en saisissant l’opportunité de terminer la journée d’école des enseignants à 15h30/15h45, ce qui va nécessairement rendre plus difficile la communication entre les parents et les enseignants.

L’après-midi scolaire des maternelles est dominé par une sieste qui devrait se faire sur le temps de la pause méridienne, afin d’utiliser au mieux le temps scolaire. L’Inspection aura les arguments pour supprimer les mi-temps de l’après-midi en maternelle si les élèves sont à la sieste.

Que doit-on faire maintenant ?

Sous l’effet du parisianisme médiatique, le débat est dominé par la situation des écoles de la capitale, très particulière, avec, en particulier jusque là une forte présence de personnels municipaux sur le temps scolaire, maintenant redéployés sur le périscolaire. Pourtant, ailleurs, les choses peuvent aller bien différemment.

En l’état actuel du projet, les trois-quarts restant des élèves du département devront aussi aller à l’école le mercredi matin à la rentrée 2014.

Pour le moment, sans la participation des parents, ce sont les projets d’organisation du temps scolaire (POST) qui sont en réflexion. Bien que tenus à distance, les parents doivent y prendre toute leur place pour exiger que le temps scolaire soit utilisé au mieux afin que les élèves profitent de façon optimale du temps d’enseignement.

La question des activités pédagogiques complémentaires est encore bien mystérieuse… Qu’est-ce qu’un groupe restreint ? S’agit-il d’aide personnalisée ? d’activités périscolaires assurées par l’enseignant habituel de l’élève ou un autre ? C’est au sein de l’école qu’il faut obtenir les réponses.

Au delà de la question des horaires, les parents doivent veiller à ce que les activités périscolaires gérées par les municipalités aient un contenu certes éducatif, mais surtout à ce que des activités trop ambitieuses ne se transforment en une simili école qui alourdirait, pour finir, la journée des enfants.

Tous ceux qui l’ont connue reconnaissent que l’école du samedi matin était le meilleur moment pour assurer le contact entre les parents et l’école. Cette solution ne doit pas être écartée des propositions. À défaut, il faut veiller à ce que les horaires, en terminant l’école trop tôt dans l’après-midi ne rendent encore plus difficile les rencontres entre parents et enseignants. Il ne faut pas hésiter à demander une longue pause méridienne en veillant à ce que les enfants puissent disposer d’un temps calme. Les enseignants doivent avoir les moyens de travailler efficacement et dignement dans l’école pendant cette longue pause méridienne de leurs élèves.

Si le décret impose la gratuité des activités périscolaires jusqu’à 16h30, les parents ne doivent pas renoncer à obtenir la gratuité sur les temps au delà de 16h30. Même sur le temps « gratuit » les parents doivent être vigilants que des coûts ne soient pas quand même imposés, directement, ou indirectement, par augmentation des tarifs de cantine, par exemple.

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Le budget des établissements à la sauce ultra libérale

D’ici quelques semaines, les conseils d’administrations des collèges et lycées publics vont devoir se prononcer sur les projets de budget présentés par les chefs d’établissement.

Depuis l’année dernière, cette procédure a été profondément modifiée afin d’introduire jusque dans les établissements, l’esprit de la loi organique relative aux lois de finances, la fameuse LOLF. Comme à l’Éducation nationale (et ailleurs) on aime les acronymes, cette nouveauté a un sigle : la RCBC, réforme du cadre budgétaire et comptable. Préparée par le gouvernement de François Fillon, la RCBC a été mise en place sans retard par celui de Jean-Marc Ayrault.

De quoi s’agit-il ? Tout d’abord, la LOLF est la traduction dans le fonctionnement de l’État des principes ultra-libéraux qui ont inspiré le « new public management » ou nouvelle gestion publique, durant les années Thatcher-Reagan. Elle vise officiellement à « moderniser » la gestion des services de l’État, des administrations. En fait, en introduisant des critères et des modes de gestion similaires à ceux du secteur privé, elle met en place le désengagement de l’État au profit de ce dernier. Dans l’esprit de la nouvelle gestion publique l’état, la collectivité gardent le pilotage des services mais peuvent en confier la réalisation à divers organismes privé, publics, associatifs à leur convenance.

Au delà d’une modification technique, la RCBC provoque un recul démocratique dans un domaine où ceux qui ont siégé dans ces conseils d’administrations le croyait pourtant presque impossible. En effet, au nom de la déconcentration de la gestion, dans les établissements scolaires, on a diminué le contrôle effectif de la gestion du chef d’établissement par le conseil d’administration. Le chef d’établissement, à la fois représentant de l’État et président du Conseil d’administration, dispose en effet maintenant d’une grande latitude de gestion au sein d’un budget qui n’est voté que sur quelques grandes lignes, les détails n’étant là que pour information… quand ils sont là.

Nommé, évalué, promu, muté, récompensé par l’autorité académique, le chef d’établissement impose, de fait, les choix de l’administration à un conseil d’administration quasiment dépourvu de pouvoir de décision. D’ailleurs, si le budget voté déplaît à l’administration ou à la collectivité de rattachement, ils peuvent le « régler conjointement » et s’ils n’arrivent pas à s’entendre, c’est le Préfet qui décide. Alors qu’on parle de renforcement de l’autonomie des établissements, c’est clairement l’augmentation des pouvoirs des chefs d’établissement qui est mise en place au détriment du conseil d’administration, qui compte ⅔ d’élus, représentant le personnel et les usagers, parents et élèves.

Comme une entreprise, l’établissement est appelé à faire des bénéfices (appelé capacité d’autofinancement !) , dégager un fonds de roulement, faire des provisions pour risques ou pour amortissements… Les outils de gestion d’une privatisation partielle de certaines activités sont maintenant mis en place, comme sont mises en place les moyens de la mise en concurrence des établissements. Le chef d’établissement est appelé à faire toujours plus avec moins de moyens, à développer des options « attractives » pour améliorer le recrutement de son établissement... au détriment du voisin.

Cerise sur le gâteau, un état des emplois est annexé au budget de l’établissement, ce qui est pourtant parfaitement inutile puisque la quasi-totalité du personnel est payé par l’État ou la collectivité de rattachement. L’intention, à terme de transférer la masse salariale aux établissements, qui a conduit nombre d’universités à une situation dramatique est une évidence.

En laissant le proviseur ou le principal simultanément en situation de président du conseil d’administration et de responsable de l’exécutif de l’établissement, la réforme n’a pas encore atteint sa pleine cohérence. Gageons qu’au gré des luttes d’influences, des alternances politiques, on en a pas fini avec ces réformes de structure qui sont tout sauf idéologiquement neutres.

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